Certificat d'intempéries Météo-France : ce qu'il prouve, ce qu'il ne calcule pas
Le certificat établit ce qu'il a fait comme temps. Il ne dit pas combien de jours vous pouvez réclamer. Ce sont deux questions différentes — et beaucoup de dossiers échouent pour les avoir confondues.
Mis à jour le 23 août 2026 · 6 min de lecture
Ce qu'est le certificat d'intempéries
Météo-France délivre, contre quelques dizaines d'euros, un document officiel attestant des conditions météorologiques constatées à une station donnée sur une période donnée : précipitations, vent, températures, selon la formule choisie. Il est reconnu par les assureurs et les juridictions, précisément parce qu'il émane du service météorologique national. Quand la question posée est « quel temps faisait-il ? », c'est la réponse la plus autorisée qui existe.
Personne d'autre ne peut délivrer ce document — et il faut se méfier de quiconque prétend vendre un « certificat » ou une « attestation » météo sans être Météo-France. Nous n'en délivrons pas.
Ce que le certificat ne fait pas
- Il ne connaît pas votre marché : il ignore les seuils du CCAP (tant de mm de pluie, tant de km/h de vent) qui définissent, pour votre chantier, ce qui est une intempérie.
- Il ne compte pas les jours : il ne dit pas quels jours dépassent vos seuils, ni comment les périodes d'arrêt se construisent.
- Il n'applique pas les règles du CCAG : jours non ouvrés compris dans un arrêt, déduction des jours d'intempéries prévisibles prévus au marché.
- Il ne produit pas le chiffre final — la prolongation de délai en jours — qui est ce que le maître d'œuvre attend dans votre demande.
Autrement dit : entre le certificat et la prolongation, il reste tout le calcul. C'est un travail d'arithmétique contractuelle, pas de météorologie — et c'est ce travail qu'un décompte formalise, jour par jour, seuil par seuil, règle par règle.
Quand l'un suffit, quand il faut les deux
Le décompte seul suffit souvent
Les relevés que nous utilisons sont les données climatologiques publiques de Météo-France — les observations officielles des stations, publiées sous Licence Ouverte. Ce sont les mêmes mesures que celles qu'un certificat restitue. Pour une demande de prolongation adressée au maître d'œuvre, un décompte qui cite le poste, les valeurs et la méthode se vérifie ligne à ligne : la partie adverse peut tout recontrôler.
Le certificat s'ajoute quand l'autorité de la source est contestée
Si le litige durcit — contentieux, expertise judiciaire, assureur qui exige un document émanant de Météo-France — commandez le certificat pour la période et la station concernées. Il viendra confirmer les valeurs que le décompte a utilisées, et les deux documents se renforcent : l'un apporte l'autorité de la mesure, l'autre le calcul qui la traduit en jours. Ils ne se remplacent pas.
Questions fréquentes
- Le décompte remplace-t-il le certificat de Météo-France ?
- Non, et il ne le prétend pas. Le certificat prouve les valeurs météorologiques avec l'autorité du service national ; le décompte calcule les jours réclamables selon vos seuils et le CCAG. Dans un dossier contentieux, les deux se complètent.
- Un décompte fondé sur les données publiques est-il recevable ?
- Les relevés utilisés sont les observations officielles des stations Météo-France, publiées en Licence Ouverte : mêmes mesures, même origine que celles d'un certificat. Le décompte cite le poste, chaque valeur et chaque règle appliquée, de sorte que tout est revérifiable. La recevabilité s'apprécie au cas par cas, mais rien n'y est invérifiable.
- Combien coûte un certificat d'intempéries ?
- Quelques dizaines d'euros selon la formule, sur la boutique en ligne de Météo-France, avec un délai de quelques jours. Le tarif exact dépend des paramètres et de la période demandés.
- Puis-je faire le calcul moi-même à partir du certificat ?
- Oui — les règles sont publiques (CCAG-Travaux, art. 18.2.3, et votre CCAP). En pratique, la construction des périodes d'arrêt, l'inclusion des jours non ouvrés et la déduction des jours prévisibles sont les points où les calculs manuels se font contester.
Textes de référence
- CCAG-Travaux, art. 18.2.3 (arrêté du 30 mars 2021) — La prolongation pour intempéries et le renvoi aux relevés de la station indiquée au CCAP ou la plus proche du chantier.
- Licence Ouverte 2.0 (Etalab) — Le régime de réutilisation des données climatologiques publiques de Météo-France.
Ces guides décrivent le cadre général et ne constituent pas un avis juridique. Rapport Météo applique vos seuils à des relevés publics ; l'appréciation des arrêts relève du maître d'œuvre et, le cas échéant, du juge.