Prouver une tempête, une grêle ou une inondation à son assureur : quel justificatif météo, dans quels délais

Un assureur ne conteste presque jamais qu'il a fait mauvais. Il conteste la date, le seuil, ou le délai. Trois choses qui se prouvent avec un relevé — à condition de savoir lequel, et quand.

Mis à jour le 25 août 2026 · 8 min de lecture

Tempête, grêle, neige : c'est votre contrat qui définit l'événement

Tout contrat couvrant l'incendie doit couvrir les effets du vent dû aux tempêtes (code des assurances, art. L122-7). La grêle et le poids de la neige y sont presque toujours joints : c'est la garantie dite TGN. Mais la loi ne dit pas ce qu'est une tempête — le contrat, si. La clause la plus répandue retient des vents ou rafales d'au moins 100 km/h, parfois assortie d'un critère alternatif : des dégâts constatés sur plusieurs bâtiments du voisinage, ou dans un rayon donné.

D'où la question que pose l'expert : quelle vitesse a été relevée, ce jour-là, à la station de référence ? Si le contrat dit 100 km/h et que le poste le plus proche a relevé 87 km/h, la discussion se déplace sur le critère alternatif, la localisation de l'orage, ou le choix du poste — et elle se gagne avec des pièces, pas avec des souvenirs.

Inondation, coulée de boue, sécheresse : la catastrophe naturelle

Ces événements ne sont pas couverts par la garantie tempête. Ils relèvent du régime des catastrophes naturelles (art. L125-1 du code des assurances), qui suppose un arrêté interministériel reconnaissant l'état de catastrophe naturelle pour votre commune et la période. Sans arrêté, pas d'indemnisation à ce titre — la commune doit en faire la demande, et la publication au Journal officiel prend souvent des semaines.

  • Le vent n'est jamais une catastrophe naturelle en métropole : il reste dans la garantie tempête du contrat. Seuls les vents cycloniques exceptionnels d'outre-mer peuvent basculer dans le régime CatNat.
  • Une franchise légale s'applique aux sinistres CatNat sur un logement : 380 € (davantage pour la sécheresse), quelle que soit la franchise de votre contrat.
  • Le relevé de pluie compte quand même : le dossier communal de demande d'arrêté et l'expertise s'appuient sur les cumuls observés. Un relevé daté de la station la plus proche accompagne utilement votre déclaration.

Les délais, ceux qui font perdre des dossiers

  1. Sinistre ordinaire (tempête, grêle, neige, dégât des eaux) : cinq jours ouvrés à compter du moment où vous en avez connaissance (art. L113-2 du code des assurances). Le contrat peut allonger ce délai, jamais le raccourcir.
  2. Catastrophe naturelle : trente jours à compter de la publication de l'arrêté au Journal officiel. Vous pouvez — et devriez — signaler le sinistre à votre assureur avant même l'arrêté.
  3. En cas de retard, l'assureur ne peut vous opposer la déchéance que s'il prouve que le retard lui a causé un préjudice, et si le contrat le prévoit expressément. Ne renoncez pas pour un délai dépassé : déclarez, et expliquez.

Quel justificatif météo un assureur accepte-t-il ?

Il n'y a pas de pièce unique imposée par la loi. En pratique, trois niveaux coexistent, du plus simple au plus formel :

  • Un relevé de station officielle, daté et sourcé — les observations publiques Météo-France du poste le plus proche, jour par jour. C'est la pièce qui établit la date et le chiffre, et la plupart des assureurs s'en contentent lorsque le seuil est manifestement dépassé.
  • Un certificat ou une attestation Météo-France, document payant établi par le service national. Certains contrats l'exigent expressément ; d'autres experts le demandent lorsque le chiffre est proche du seuil. Seule Météo-France le délivre.
  • Les preuves de terrain : photos et vidéos datées des dégâts et de l'événement, factures, témoignages de voisins, constat de commissaire de justice dans les cas lourds. Elles répondent au vrai risque de la grêle et des orages : que le poste, à quelques kilomètres, n'ait pas vu ce qui vous est tombé dessus.

Constituer le dossier, dans l'ordre

  1. Sécuriser et photographier avant toute réparation — photos datées, larges puis rapprochées, de l'extérieur et de l'intérieur. Conservez les débris significatifs (tuiles, branches) jusqu'à la visite de l'expert.
  2. Déclarer dans le délai, par écrit (espace client, e-mail, lettre recommandée), en indiquant la date, la nature de l'événement et une première liste des dommages. Le montant peut venir après.
  3. Joindre le relevé météo daté de la station la plus proche, avec le seuil du contrat mis en regard des rafales relevées. Si votre contrat exige un certificat Météo-France, commandez-le à ce stade.
  4. Chiffrer : devis de réparation, factures d'achat des biens endommagés, éventuellement un devis de remise en état.
  5. Contester si besoin : en cas de refus, demandez la clause précise invoquée, répondez avec les pièces, puis saisissez le médiateur de l'assurance — gratuit — avant tout contentieux.

Questions fréquentes

Mon contrat parle de « vent supérieur à 100 km/h ». Où trouver le chiffre relevé ?
Dans les observations publiques de Météo-France, station par station et jour par jour. Le relevé gratuit de cette page vous montre les rafales maximales du poste le plus proche de votre adresse, et signale les jours au-dessus du seuil que vous saisissez.
Le poste le plus proche est à 12 km. Est-ce recevable ?
C'est le réseau tel qu'il est : dans beaucoup de zones rurales, le poste mesurant le vent est à plusieurs kilomètres. La distance figure toujours dans le relevé. Si le résultat vous paraît incohérent avec ce que vous avez vécu, choisissez un autre poste dans la liste et complétez par des preuves de terrain.
L'expert a refusé en disant que la tempête n'a pas été « reconnue ». Que faire ?
Demandez la clause invoquée. Une tempête n'a pas à être « reconnue » par arrêté : c'est un événement contractuel, apprécié au regard du seuil de vent — ou du critère alternatif de dégâts au voisinage. Le relevé de la station et les photos des dégâts voisins sont vos deux réponses.
Faut-il attendre l'arrêté de catastrophe naturelle pour déclarer une inondation ?
Non. Déclarez sans attendre, et signalez le sinistre à la mairie, qui centralise les demandes d'arrêté. Le délai de trente jours court à partir de la publication de l'arrêté ; une déclaration antérieure est toujours recevable.

Textes de référence

  • Code des assurances, art. L122-7La garantie des effets du vent dû aux tempêtes, obligatoirement attachée à l'assurance incendie.
  • Code des assurances, art. L125-1 et suivantsLe régime des catastrophes naturelles : arrêté interministériel, franchise légale.
  • Code des assurances, art. L113-2L'obligation de déclarer le sinistre dans le délai fixé par le contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés.

Ces guides décrivent le cadre général et ne constituent pas un avis juridique. Rapport Météo applique vos seuils à des relevés publics ; l'appréciation des arrêts relève du maître d'œuvre et, le cas échéant, du juge.